Zistwar Beau Plan : L’Aventure du Sucre, témoin d’une histoire riche

Vector

Publiée le

1 juillet 2025

Catégories: 

Bâtiment incontournable de la ville de Beau Plan, L’Aventure du Sucre accueille chaque année quelque 100 000 visiteurs. Légataire d’une histoire riche, notamment celle de l’industrie de la canne à sucre, le musée cristallise aussi les vies passées de toute une région. Tour d’horizon.

 

Un passé agricole fécond

 

Le domaine de Beau Plan, alors connu sous le nom de Forges de Mon Désir, voit le jour en 1745. D’abord destiné au raffinage du salpêtre utilisé pour la fabrication des armes à feu, il connaît, selon les besoins de l’île et les tendances versatiles du marché mondial, de nombreux changements au fil des années. En 1776, Beau Plan accueille une indigoterie. « L’indigotier, petit arbuste alors cultivé sur l’île, permettait de produire, après une extraction complexe et minutieuse, une teinture bleue très prisée en Europe », explique Sandrine d’Unienville, Manager-Cultural Development & Communication de L’Aventure du Sucre.

 

Cependant, face à la concurrence du bleu du Bengale, la culture de l’indigo s’efface à Maurice, pour donner la place à celle de la canne à sucre, qui connaît un succès retentissant. « À partir de 1794, la culture de la canne s’impose progressivement à Beau Plan. Une sucrerie y est fondée en 1797 et on dénombre, en 1823, près de 200 arpents dédiés entièrement à la canne », poursuit-elle.

 

Au fil des décennies l’usine se transforme et se modernise. La production de sucre y croît de façon exponentielle, passant de 300 tonnes en 1853 à 26 588 en 1963 – la preuve de l’excellence du produit qui y est fabriqué. Après 202 ans d’activité, l’usine ferme ses portes.

 

Une page qui se tourne, une mémoire qui subsiste

 

Dans un souci de centralisation du secteur cannier, les machines de la sucrerie s’arrêtent définitivement en 1999. « Une grave sécheresse a prévalu cette année-là, réduisant drastiquement la coupe et forçant l’usine à fermer plus tôt que prévu », précise Louis Denis Koenig, Administrative Executive de Terra. Un moment fort pour toutes les parties prenantes. « Je me souviens de la dernière messe annuelle, en décembre 1999, qui avait réuni tout le personnel dans l’usine en guise de cérémonie d’adieu, conclue sur une note émouvante avec la chanson Con te partiro », ajoute-t-il.

 

Si le projet de musée, imaginé à l’origine par Adolphe Vallet à Constance-La Gaieté, existait déjà, Beau Plan propose, à la fermeture de son usine, de l’accueillir dans ses infrastructures pour perpétuer la riche mémoire industrielle du sucre à Maurice. « Ce lieu vibrant rend hommage aux hommes et aux femmes qui ont façonné son histoire, tout en retraçant l’évolution agricole, économique et sociale de l’île », souligne Edwige Gufflet, Managing Director du musée. Plus qu’un simple mémorial, L’Aventure du Sucre s’impose comme un acteur fort de la préservation.

 

Outre la conservation patrimoniale, le musée œuvre aussi à la protection de la nature, notamment avec l’adoption d’une charte environnementale. « Nous organisons tout au long de l’année de nombreux ateliers solidaires créatifs autour du recyclage, mais aussi des expositions temporaires dont les thèmes sont essentiels : environnement, vie marine, biodiversité, énergie… », conclut Sandrine. Un lieu qui s’engage positivement à promouvoir une démarche durable tout en honorant son héritage.

 

Plus d'articles